Retour

Équité salariale pour la garde des enfants et le soutien à domicile : ASSEZ ATTENDU !

2011-06-03

Équité salariale pour la garde des enfants et le soutien à domicile :
Assez attendu!
 
« Versez tout de suite les redressements d‘équité salariale aux employées des services de soutien à domicile et de l’éducation à la petite enfance! » C’était le message unanime qu’adressaient au gouvernement le personnel et les dirigeants de ces deux secteurs ainsi que la Coalition pour l’équité salariale lors d’une conférence de presse aujourd’hui. L’équité salariale est atteinte lorsque les emplois à prédominance féminine sont rémunérés à égalité avec les emplois à prédominance masculine de même valeur.
 
La ministre responsable de la Condition de la femme, Margaret-Ann Blaney, a récemment affirmé que son gouvernement désirait retarder le versement des redressements d’équité salariale pour le soutien à domicile et la garde des enfants jusqu’à ce que les programmes d’équité salariale des foyers de groupe et des maisons de transition soient achevés, pour le motif suivant : « Au lieu de procéder par secteur nous aimerions avoir une vue d’ensemble et traiter les quatre secteurs en bloc lorsque tous les programmes d’équité salariale seront achevés. »[1]
 
Andrea Ross, qui travaille auprès des enfants depuis 12 ans, d’abord comme éducatrice à la petite enfance et aujourd’hui comme directrice de la garderie Home with a Heart, n’est pas d’accord. « Le processus d’équité salariale pour les éducatrices à la petite enfance a commencé en 2007. Les redressements étaient attendus pour 2010-2011, donnant l’espoir qu’enfin nous serions rémunérés à la valeur de notre travail. Mais nous sommes rendus en 2011-2012 et on nous dit qu’il faudra attendre jusqu’en 2012-2013 et même plus tard peut-être. Ce n’est pas juste et c’est décourageant », a-t-elle dit.
 
 
Les travailleuses en soutien à domicile avaient aussi de grandes attentes. Elles gagnent souvent à peine le salaire minimum. « Beaucoup d’entre nous perdons espoir de jamais faire reconnaître la valeur du travail que nous faisons. Nous avons suivi la démarche vers l’équité salariale en toute bonne foi depuis 2008, même si nous savions d’avance que nous ne recevions pas un salaire suffisant. Maintenant nous nous demandons si nous verrons un jour des résultats. Et entre temps, nous devons continuer de joindre les deux bouts alors que le prix de la nourriture, de l’essence et du logement n’arrête pas de grimper », déclare Thérèse Duguay, la présidente de la section locale 4598 du SCFP et elle-même travailleuse en soutien à domicile.
 
Des dirigeants d’agences de services de soutien à domicile et de garderies font écho à leurs employés. Bob Price, le président de l’Association du soutien à domicile du Nouveau-Brunswick, estime que les agences de soutien à domicile ont besoin que les redressements d’équité salariale soient versés dès maintenant. « Comment pouvons-nous recruter et retenir des employés sans leur offrir un salaire juste et raisonnable? Les frais supplémentaires de recrutement sont en train de gruger la capacité de notre secteur à fournir le niveau de services que nous voulons offrir. De plus, il est facile pour nos meilleurs employés de se faire embaucher par d’autres secteurs des soins de santé qui sont en mesure de leur offrir des salaires plus élevés. »
 
Claudette Melanson, propriétaire de la garderie Nos petits camarades, est aux prises avec les mêmes difficultés. « Nous encourageons les éducatrices à la petite enfance à faire des études collégiale en soins et développement de la petite enfance, mais il est malaisé de recruter et de garder du personnel qualifié et mobilisé en raison des faibles salaires dans notre secteur », avoue-t-elle. « Le gouvernement veut subventionner de nouvelles places en garderie. De nouvelles places, c’est bien beau, mais nous devons aussi nous attaquer au taux élevé de roulement de personnel et à son incidence sur la qualité des services déjà offerts. »
 
Marilyn MacCormack, présidente de la Coalition pour l’équité salariale, presse le gouvernement d’agir dès maintenant. « Déjà que les travailleuses en soutien à domicile et en garde d’enfants sont sous-payées depuis des décennies, on ne doit pas empirer leur situation en les faisant attendre encore une autre année les redressements qui étaient prévus l’an dernier. Le gouvernement a le devoir de mettre fin à la discrimination salariale dès que le processus d’évaluation et de comparaison des emplois est achevé. »
 
Marilyn MacCormack conclut en disant que les tentatives du gouvernement pour retarder les redressements de l’équité salariale ne font que prouver à quel point il est nécessaire de doter le Nouveau-Brunswick d’une loi sur l’équité salariale dans le secteur privé.
 
 
$=$=$=$=$


[1] Question orale, Hansard, 2011-05-11.

make donations

Vous appuyez une loi sur l'équité salariale et voulez suivre ce dossier de plus près? Adhérez à notre organisme!

Notre bulletin paraît 2 à 4 fois par année. Consultez la dernière édition de ce dernier!

Archives

© 2017 Coalition pour l'équité salariale du Nouveau-Brunswick Inc.