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La Coalition pour léquité salariale souligne la Semaine nationale des soins infirmiers

Le saviez-vous? Le cas des infirmières a sensibilisé la population du Nouveau-Brunswick à l’équité salariale dès 1980. 
 
Voici un extrait du texte de Rosella Melanson, « Abolir la discrimination contre les emplois : Un aperçu historique du travail du Conseil consultatif sur la condition de la femme dans le dossier de l’équité salariale » :
 
En 1980, le Conseil consultatif lança son étude, « Une analyse préliminaire du principe de la parité salariale pour l’exécution de fonctions équivalentes telle qu’appliquée à certains emplois dans la fonction publique du Nouveau-Brunswick », qui dit d’emblée que le Conseil est d’avis que « le moment est arrivé d’entreprendre un programme de sensibilisation du public à l’égard de la validité du principe de la parité salariale pour l’exécution de fonctions équivalentes ». Il conclut que la sous-évaluation de la plupart des emplois « féminins » et la sur-valuation des emplois « masculins » relevait de la discrimination sexiste. 
 
L’étude examinait 21 postes traditionnellement dominés par un des deux sexes, pour déterminer le niveau d’aptitudes, d’effort et de responsabilités exigé de la personne en poste, y appliquer un système de pointage, et enfin diviser le salaire annuel par le nombre de points accordés. Les emplois ainsi analysés étaient ceux de travailleurs sociaux, des employés de la Société des alcools, des mécaniciens et électriciens, des garçons de salle d’hôpital et des infirmières immatriculées.
 
Un exemple intéressant était le poste d’infirmière immatriculée, qui exigeait alors une formation de trois ans, et celui d’infirmiers (« orderly ») à prédominance masculine, qui n’exigeait aucune formation. L’évaluation faite des descriptions de tâches des deux postes démontrait que le poste d’infirmière immatriculée méritait deux fois le nombre de «points de difficulté » que le poste d’infirmier et donc devrait être rémunéré au double du tarif. Les infirmières de formation gagnaient alors l’équivalent ou légèrement plus que les infirmiers sans formation. 
 
Le Conseil partagea ces résultats avec le gouvernement provincial et les regroupements concernés. Il faut rappeler qu’à cette époque, même les plus intéressées, comme les infirmières immatriculées et les syndicats, n’avaient pas entendu parler du concept de « salaire égal pour un travail de valeur comparable ».
 
La situation des infirmières en particulier était si injuste que les femmes concernées n’attendirent pas que le concept fasse son chemin. Les infirmières du Nouveau-Brunswick étaient nouvellement dotées d’un syndicat et menaient en 1980 des campagnes vigoureuses autour de slogans comme « L’infirmière le mérite ». Pendant plusieurs mois, nombre d’elles ont revêtu l’« insigne rouge de frustration ». 
 
En octobre 1980, la présidente du Conseil consultatif, Madeleine LeBlanc, fit appel aux femmes et aux groupes féminins et syndicaux à appuyer les infirmières publiquement et à communiquer cet appui au premier ministre.
 
« La lutte que mènent les infirmières à ce moment-ci présage la bataille que devront mener plusieurs autres groupes de travailleuses dans des emplois à majorité femme. Elles ont besoin de l’appui de toute la population pour franchir ce mur d’attitudes qui fait que les infirmières sont rémunérées à un taux honteux en comparaison à d’autres travailleurs faisant un travail de valeur comparable… Malgré les présentes contraintes budgétaires, les demandes salariales de certains groupes défavorisés doivent être considérées d’un œil plus favorable si nous ne voulons pas entériner l’injustice. » (L’Évangéline, 7 octobre 1980)
 
Les actions des infirmières et l’appui du public fit tant qu’en 1981, les infirmières immatriculées obtinrent une augmentation salariale de 41 pourcent sur près de deux ans.  Ce n’était pas l’équité salariale, mais c’était une victoire sans précédent et une manifestation de la force des femmes unies. 
 
Cet extrait de texte est tiré du livre « Vers l’équité salariale ». Ce recueil d’essais aborde l’équité salariale de différentes perspectives et offre un survol de l’évolution du dossier au Nouveau-Brunswick. Il est disponible dans les librairies francophones indépendantes à travers la province. Procurez-vous un exemplaire dès maintenant, réflexions et découvertes garanties!
 
L’histoire de la syndicalisation des infirmières et leur campagne « L’infirmière le mérite » fut exposée par le projet L’histoire du travail au N.B. Pour plus d’informations, consultez http://www.lhtnb.ca/TH/fr_projrech.cfm
 

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