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Rapport d'équité salariale demandé pour les travailleuses de résidences communautaires

2013-12-11

Les travailleuses, les gestionnaires de résidences communautaires et la Coalition pour l'équité salariale du Nouveau-Brunswick demandent au gouvernement de publier le rapport sur les résultats d’équité salariale pour le secteur des résidences communautaires avant Noël. Le gouvernement a initié le programme d’équité salariale dans ce secteur en 2009.

Les résidences communautaires fournissent soins et supervision aux adultes handicapés ayant besoin d'une aide spéciale ainsi qu’aux enfants et aux jeunes pris en charge par le gouvernement. Les résidents et résidentes vivent avec des maladies mentales ou encore avec des handicaps mentaux ou physiques tels que des retards de développement, la paralysie cérébrale, l’épilepsie, la schizophrénie, l’autisme, le syndrome de Down, etc.

« Ce travail est complexe et exigeant. Cependant, les salaires sont si bas que plusieurs d’entre nous doivent combiner deux ou trois emplois pour joindre les deux bouts », dit Danielle Scott, elle-même travailleuse de résidence communautaire et porte-parole du Conseil des syndicats des foyers de groupe du Nouveau Brunswick du SCFP.

Selon Danielle Scott, les membres du personnel régulier peuvent gagner aussi peu que 12,51 $ l’heure. Les employées et employés occasionnels ou à temps partiel gagnent encore moins.

« Plusieurs d’entre nous ont obtenu un diplôme collégial pour accomplir ce travail. Nous avons la responsabilité de résidents et résidentes qui ont besoin de supervision 24 heures sur 24. Nous encourageons leur développement, qu’ils soient enfants, jeunes ou adultes. Nous devons être attentives à leurs besoins et assurer leur sécurité », explique Danielle Scott. « À chaque jour, nous assurons la stabilité dans la résidence. Nous sommes responsables des soins personnels quotidiens (bain, habillement, lever, transferts, alimentation, etc.), de la préparation des repas, du nettoyage, du lavage, de la distribution des médicaments, de la rédaction des dossiers, des sorties. À travers tout ça, nous essayons de trouver du temps pour faire des activités que les résidents aiment comme jouer aux cartes, prendre des marches, voir des films, etc. Nous devons aussi être préparées à intervenir face à des comportements difficiles comme l’abus verbal et physique. »

Giselle Pitts, mère d’un homme de 44 ans atteint de paralysie cérébrale, apprécie les services des travailleuses et travailleurs qui s’occupent de son fils. « C’est un travail exigeant mais si important pour nous. On veut se sentir en confiance quand un membre de notre famille est en résidence communautaire. Ce qui est triste, c’est que les salaires peu élevés mènent à un grand roulement de personnel. On voit bien que ça affecte les résidents ». Madame Pitts a dû recourir aux services d’une résidence communautaire pour son fils en 1993, quatre ans après le décès de son mari. Sans l’appui de son mari, la charge est devenue trop lourde pour elle. Cependant elle est restée très impliquée dans la vie de son fils. Elle siège sur le conseil d’administration de la résidence où il habite et sur celui de la Fondation de la paralysie cérébrale.

« Nos employées méritent l’équité salariale, » ajoute David Black, président sortant de l’Association des agences résidentielles du Nouveau-Brunswick Inc. et directeur général de l’agence Independence Plus Inc. de Saint-Jean. « Nos agences offrent d’importants services aux familles du Nouveau-Brunswick. Ces services sont financés par le gouvernement. Cependant le niveau de financement que nous recevons ne nous permet pas d’offrir des salaires qui reflètent de façon adéquate la complexité du travail de notre personnel. Conséquemment, nous éprouvons des problèmes de recrutement et de roulement de personnel. C’est difficile pour tout le monde : pour les gens dont nous prenons soin, pour le personnel et pour les résidences communautaires. »

Le personnel de trois autres secteurs ont participé dans un programme d’équité salariale et ont reçu leur rapport en juin 2012 (services de garde, soutien à domicile et maisons de transition). Cependant le personnel des résidences communautaires attend toujours ses résultats. Pourtant en mai 2012, Margaret-Ann Blaney, alors ministre responsable des Questions féminines avait dit que les résultats des résidences communautaires seraient rendus publics bien assez tôt pour que les ajustements salariaux débutent au 1er avril 2013[1].

Vallie Stearns, la présidente de la Coalition pour l’équité salariale du Nouveau-Brunswick, affirme que son organisme appuie complètement les travailleuses. « Nous apprécions l’engagement du gouvernement de rendre les versements rétroactifs au 1er avril 2013. Cependant, tant de délai est difficile à vivre pour les travailleuses. Elles ont besoin de savoir à quoi s’attendre afin de planifier et prendre des décisions financières pour leur avenir et celui de leurs familles. Il est temps que le gouvernement publie son rapport ».

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Information:

Johanne Perron, Directrice générale, NB Coalition for Pay Equity

(506) 850-6963 (c)

 

QU’EST-CE QUE L’ÉQUITÉ SALARIALE ?

L’équité salariale est un salaire égal pour un travail de valeur égale. Il s’agit d’assurer que les emplois à prédominance féminine soient payés au même salaire que les emplois à prédominance masculine de même valeur.

UN PEU D’HISTOIRE

Quatre groupes de travailleuses et travailleurs qui offrent des services régis par le gouvernement en dehors du secteur public ont participé à des programmes d’équité salariale initiés par le gouvernement : le personnel des résidences communautaires, de soutien à domicile, des services de garde et des maisons de transition. La Loi de 2009 sur l’équité salariale ne s’applique pas à ces groupes car elle ne vise que le secteur public.

Les résultats du secteur des résidences communautaires étaient attendus en 2012-2013. Lorsqu’elle a présenté ses estimés budgétaires le 11 mai 2012, Margaret-Ann Blaney, alors ministre  responsable des Questions féminines, avait dit: « The evaluation has pretty much been done. The point we are at right now involves the weighting and the points being assigned. The committee is still working away at that. We anticipate that this process will be done by the end of the summer and that everything will be complete in plenty of time for any wage adjustments that may have to be made as of April 1 of the next fiscal year ».

QUELQUES FAITS[2]

§       Il y a environ 1200 employées et employés de résidences communautaires au N.-B.

§       En vertu de la Loi sur les services à la famille, les fournisseur(e)s de soins directs des résidences communautaires offrent des soins et de la supervision aux adultes handicapés ayant besoin d'une aide spéciale ainsi qu’aux enfants et jeunes pris en charge par le ministre du Développement social.

§       Il y a 72 résidences communautaires qui hébergent et offrent des soins de longue durée à environ 470 clients. Environ 700 personnes travaillent aux soins de ces clients.

§       On recense 39 centres résidentiels pour services de soins aux enfants, milieux de garde ouverts et centres de placement pour enfants qui prennent chacun en charge jusqu'à six enfants ou jeunes totalisant 178 lits. On estime que, dans l'ensemble de la province, ces établissements comptent 500 employées et employés offrant des soins aux résidents.

 



[1] 11 mai 2013. Gouvernement du Nouveau-Brunswick. Hansard, p. 48

[2] Gouvernement du Nouveau-Brunswick. « Équité salariale pour les fournisseur(e)s de soins directs dans les résidences communautaires ». http://www.gnb.ca/0012/Womens-Issues/wg-es/pe/communityres-f.asp (page consultée le 9 décembre 2013).

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