« Ton emploi est sous-payé ? Fais-le pour l’amour de ta communauté. »
Pour des milliers de Néo-Brunswickoises, cette phrase n’a rien de romantique : elle résume une attente profondément injuste.
Dans les secteurs de soins et du communautaire, on s’attend encore à ce que l’amour du travail compense ce que le salaire ne couvre pas. Préposées aux soins, intervenantes communautaires, travailleuses sociales : leur travail est essentiel, mais il demeure sous-financé et sous-rémunéré.
Ce n’est pas un hasard. Cette iniquité est le résultat d’une sous-valorisation systémique du travail des femmes, bâtie sur leur dévouement, leur vocation et leur bonne volonté. Longtemps perçu comme « naturel » et volontaire, ce travail demeure trop souvent invisible.
Pourtant, aimer son travail n’a jamais servi d’argument pour sous-payer les techniciens en informatique, les pilotes d’avion et les ingénieurs. S’attendrait-on à ce que la passion remplace une rémunération équitable dans ces professions?
En cette journée de Saint-Valentin, rappelons-le : l’amour du travail ne paie pas les factures.
C’est pourquoi la promesse du gouvernement d’adopter une loi sur l’équité salariale pour le secteur privé représente une occasion importante. L’équité salariale, c’est un salaire égal pour un travail de valeur égale, évalué selon les compétences, les responsabilités, les efforts et les conditions de travail… et non selon les stéréotypes de genre.
Mais la législation seule ne suffit pas. Sans engagement financier, l'équité salariale ne peut être appliquée dans les secteurs des soins et du communautaire. On ne peut plus continuer à combler les failles du système avec le dévouement des femmes.
Cette Saint-Valentin, arrêtons de compenser ces emplois essentiels avec de l’amour. Investissons plutôt pour les rémunérer équitablement !
Cecilia Pérez Plancarte
Coordonnatrice du développement communautaire
Coalition pour l’équité salariale du N-B